| Voyant ce que nous sommes depuis devenus
Je dis qu'au grand jamais nous n'aurions du
Quitter l'arbre duquel nous sommes descendus
Je regarde nos joyeux aïeux bondissant cul nu
Ces soit disant, par la sainte évolution, déchus
Je regrette alors que mes chromosomes biscornus
Aient choisi d'arpenter la seule voie sans issue
Me faisant homme bien pensant, poussif dodu
Plutôt que de rester chimpanzé au regard ingénu
J'aurai épouillé ma guenon si joliment poilue
Aurai lutiné, en équilibre sur un grand feuillu
Le plus odorant et le plus musclé des joufflus
En lieu et place, je travaille, usine, m'évertue
A faire grandir une société d'ores et déjà perdue
Tout en me faisant traiter de sale con, de farfelu
J'ai essayé de me raccrocher à la branche tendue
Remonter là haut, regagner les sommets touffus
La gueule j'me suis cassé, je suis assurément foutu
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