| Je sais à quoi je ressemble, l'impression que je donne
Que pas grand chose ne peut m'atteindre, ni personne
Une haute stature bien ancrée, les tempes bientôt grises
Affichant l'air avenant du loup qui ne lâche jamais prise
Alors je passe, avance, sans qu'on vienne me chatouiller
Certains même disent envier mon imperturbable sérénité
S'ils savaient le tourbillon, la tempête, le violent ouragan
Les douleurs, toutes les questions, mon incroyable fragilité
Dès que mes yeux perdent les tiens, que ton sourire s'éteint
Quand ta lumière s'enfuit, les monstres m'épient, attendant
Que mon esprit, en manque de toi, engourdi et abandonné
M'emporte tremblant sur les bords des précipices malsains
Alors je me retiens, m'accroche, à tes lèvres et tes paroles
Je ferme les yeux et ne vois que toi, mon absolue nécessité
Tu chasses, repousses les griffes acérées qui me terrorisent
Prends ma main et me conduis là où je ne tiens plus de rôle
Où le moi et le toi s'unissent en un nous si longtemps espéré
Où je vois que mon coeur, mon corps, pour être, te suffisent
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