| Le ciel est gris, le monde est triste
Laissez moi au fond de ma grotte
Je ne veux plus faire de tours de piste
La vie est aigre, acide, elle sent la crotte
Misère, massacres, carnages et exterminations
L'humain transpire et pue l'abomination
Alors pour pouvoir bouffer devant les actualités
On sort le porte monnaie et fait la charité
On a donné, on peut essuyer les commissures
Et jeter le trop plein des assiettes aux ordures
Puis vient sur un ton endeuillé l'insoutenable
Le petit noir au ventre gonflé, aux yeux exorbités
Ce petit être qui gache le dessert sur la table
Et nous fait encore frissonner devant les publicités
Le ciel est gris, le monde est triste
Laissez moi au fond de ma grotte
Je ne veux plus faire de tours de piste
La vie est aigre, acide, elle sent la crotte
Dieu pognon et ta horde de foutus actionnaires
Devant lesquels se prostèrnent en moult génuflexions
Les trous du cul encravatés, nouveaux missionnaires
Menant la charrette ouvrière aux portes de l'exclusion
Prônant les vertus salvatrices du travail, du dur labeur
A un parterre de travailleurs serrant de rage le poing
Avant de le coller sur le nez basané du petit beur
Venu piquer le boulot, plus immigré qu'humain
Patrons aux dents longues trempant dans l'euro
Travailleurs aux idées courtes votant facho
Le ciel est gris, le monde est triste
Laissez moi au fond de ma grotte
Je ne veux plus faire de tours de piste
La vie est aigre, acide, elle sent la crotte
Dieu a fait l'homme à son image dit le curé
Et après il veut faire de moi un bon croyant
Français, je vous ai compris dit le président
Et après il veut que son discours me fasse voter
Je ne me fais plus aucune illusion sur l'humanité
Et tant pis si mes lieux communs sont décriés
A tous ceux qui disent vas y t'as qu'à faire mieux
Je réponds que n'ayant pas l'âme d'un Don Quichotte
J'ai pas l'ambition d'enfoncer les portes condamnées
La vie est aigre, acide, elle sent la crotte
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